jeudi 26 janvier 2006

Emma Turlutte


Emma Turlutte, indigne héritière de feu Gustave Turlutte, vit le jour le 12 février 1979, à Morback, agréable petite commune de Dordogne, à la maternité “Marcel Vazypousse”. Elevée, non pas au Pal, mais au Banania, au Nutella, au beurre de cacahuète et aux chips à l’huile de foie de morue, on ne s’étonnera pas si, dès son plus jeune âge, le cholestérol fut un gai compagnon qui l’accompagna chaque jour que Dieu lui prêta. Et comme on le verra plus tard, il ne lui en prêta pas beaucoup ! Faut pas déconner non plus, en voyant tout ce qu’elle bouffait, il prit peur le Vieux...
A la grande surprise de tout son entourage, il fut constaté très rapidement qu’Emma n’aimait pas le sport. Non pas qu’elle pensait à mal de ceux qui en pratiquaient un, bien au contraire, mais disons que mentalement, elle ne se sentait pas en mesure d’excercer une activité physique. Son petit compagnon d’école Rocco Coriko lui suggéra bien le sumo, mais elle ne releva ni la blague de mauvais goût, ni l’envie d’emmêler son corps à un autre que l’homme de sa vie. Car, il faut le dire, Emma avait un homme de sa vie. Certe cela n’était pas réciproque, mais Emma faisait souvent des rêves érotiques, ou elle s’imaginait nu, courant au ralenti sur une grande plage de sable fin, au côté Sim Kamile (oui, reprends ton souffle, j’avoue moi-même être fier de cette trouvaille...), le pompiste de Morback, qui était si sexy dans son bleu de travail, la Gitane maïs au bec. En plus, il prenait des risques. Une Gitane au bec dans une station essence. Il est pas un peu fou lui ? Au prix des Gitanes, déjà, à l’époque... Enfin bref, Emma s’imaginait bien être sa Gitane à lui. Parfois, elle s’enroulait dans un voile (en fait la grand’voile du bateau de son père, une belle pièce de 200 mètres carrés), et entamait des danses endiablées au rythme des guitaristes dont vous savez tous le nom, mais que je ne sais pas écrire sans risquer la faute d’orthographe dite de la honte de sa vie. J’imagine déjà les commentaires du genre “il ne sait même pas écrire Gypsy King...pfff...”. Bandes de nazes ! Bon, reprenons, tu perds le fil là, fils.
Je disais donc plus haut que Dieu ne lui prêta pas longue vie. Ça tombe bien, je n’ai plus beaucoup de temps pour terminer cette biographie, une des plus belles que retiendra l’histoire de la littérature mondiale. Bon, bref. Passons sur sa carrière professionnelle qui fut une des plus désastreuse que l’on connaisse. Top modèle de photos de régime en ce qui concerne la photo “avant”, elle fut énormément déçue d’apprendre un jour qu’il existait également une photo “après” et ne comprenait pas qu’on lui refuse le poste. Quelle conne cette Emma, décidément... Dieu, donc, par un beau matin, se leva et s’assit sur le rebord du monde pour voir ce que l’homme en avait fait. Il épiait partout, à la recherche du petit détail croustillant, de la petite info alléchante qui l’aurait mis en forme pour la journée. Mauvais jour. Rien à se mettre sous la dent. “Tiens ! Emma Turlutte ?” songea-t-il... C’est alors qu’il l’aperçut au coin du rond-point de la Liberté Surveillée. Il était très exactement 11h28. Il vit la petite Emma, en pleurs. Elle venait d’apprendre la disparition d’Agathe Zeblouz, une amie d’enfance à elle. Sa dernière trace remontait à septembre, à la fête de l’Humanité. Le premier réflexe d’Emma fut d’aller noyer son chagrin au restaurant “Chez Roger”, qui excellait particulièrement pour son cassoulet. Elle en reprit trois fois, avec du pain. Et là, Dieu, il n’aime pas quand Emma elle taquine les fayots. Déjà que la couche d’ozone en a prit un sacré coup dans la gueule (et Emma n’y était pas pour rien), là, c’était une fois de trop. Comme il venait de revoir Seven la veille au soir, cela lui rappela que la gourmandise était un des péchés capitaux. Il lui vînt alors une idée de génie. “Par la gourmandise tu es née, par la gourmandise tu vas me rejoindre” dit-il. Puis, satisfait de sa décision, il alla faire un petit somme, fatigué de l’intense réflexion qu’il venait d’accomplir. On verrait pour le reste plus tard. Dommage. Il ne put assister à l’horrible scène. Emma, en sortant de “Chez Roger”, la boite à gaz branchée en mode haut débit, traversa sans regarder, la rue Stine, pour rejoindre la rue Béole, où elle aurait pu se confesser au Père Collateur. C’est encore une fois le tracteur du Père Fouras (qui venait d’acheter des terres dans le coin) qui eu raison du destin d’Emma. Il n’en fit qu’une bouchée le goinfre.
Bon, allez, j’me casse, j’ai un p’tit creux.

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