
Souvenez-vous. C’était il y a bien longtemps, dans une petite ferme du centre de la France, très exactement à Brie Zlémoi, que le petit Johnny vit le jour. De mère et de père inconnu (quoique l’on soupçonne très fortement Pierre Bonte, qui était venu dans le coin, faire un reportage sur la France profonde, avec la toute jeune débutante Pierrette Bress) il fut très tôt livré à lui-même. Voyant que son destin ne serait pas très glorieux dans son petit village natal, il se décida enfin, prit son courage à deux mains, et fit le grand saut. Il quitta donc Brie Zlémoi pour s’installer à Brie Zlélui, le village voisin.
On ne peut pas dire que Johnny était un mauvais garçon. Il ne dérangeait pas son petit monde, et ne se prononçait jamais ouvertement dans un conflit. Il était plutôt du genre “ça dépend... moi, j’dis ça, j’dis rien... faut voir... ni pour ni contre... p’têt bien... demande à gégé... moi, c’que j’en dis...”. Par exemple, aussi, aux élections, il glissait toujours dans son enveloppe autant de bulletins qu’il y avait de candidats. Comme ça, pas de jaloux... On sait jamais, se disait-il. Et le problème, c’était bien ça. Avec lui, on ne savait jamais. Ses collègues de bistrot ne s’y trompaient pas non plus. Ils avaient même pris l’habitude de le taquiner de temps à autres “Hé, Johnny, ce soir tu mords l’oreiller ou tu fais des bisous dans le coup ?” “Ça dépend, faut voir” répétait-il inlassablement...
Puis, par la force des choses, vint le moment où il fallut qu’il se trouvasse (voir Bescherelle Conjugaison page 36 pour plus de détails) une activité professionnelle. Le choix à faire n’était pas évident. Lui qui n’avait jamais eu l’habitude de trancher dans le vif pour prendre une décision... Il hésita longuement. Son cœur balançait dangereusement entre “coton tige humain” chez Ouate Corporation ou “Tête de con” chez Durut Industries. Finalement, Durut Industries ayant fini par déposer le bilan, c’est tout naturellement vers Ouate Corporation qu’il se retourna. Ce fut l’erreur de sa vie. Le pauvre, mais comment pouvait-il le savoir, il était allergique au cérumen. L’horrible accident intervint dès le premier test en laboratoire. On lui amena, sur un plateau d’argent, une oreille géante remplie bien comme il faut d’une graisse jaunâtre. “Du beurre ?” se risqua-t-il à demander. “C’est ça, oui, du beurre...” ironisa l’équipe de scientifiques. “Maintenant tu plonge ta tête de con là-dedans, nous on observe, on s’adapte et on domine”. Johnny plongea sa tête dans ce qu’il croyait être du beurre (pourvu qu’il soit demi-sel, pensa-t-il) et la réaction ne se fit pas attendre. Enfin... pas trop. Ce fut comme si vous vous mettiez à respirez de l’ammoniaque à plein poumon. Essayez, vous allez voir. Allez-y... j’attends... Z’êtes encore là ? C’est que vous n’avez pas bien essayez. Bon, pas grave, continuons. Bah en fait, pas grand chose à dire. Son testicule gauche éclata violemment, arrachant au passage la boucle de sa ceinture. Le tombé de futal fut instantané, et là, un des chercheurs, que l’on pensait rempli de bonnes intentions, se précipita sur Johnny tout en retirant sa blouse. Tout le monde pensa qu’il allait extraire la pauvre victime de cette galère, mais pas du tout. En vous révélant que ce chercheur n’était autre que Sonnyboy, vous devinerez bien ce qu’il advînt du fondement de notre jojo. Par respect pour la victime, j’éviterais les détails. Mais je dois dire qu’il n’y est pas allé de main morte notre sonny (voir fig. 1 et zoom 2). Une forme olympique, si vous aviez vu ça ! Ce soir là, il en avait au moins pour douze. Pas de chance pour Johnny, il était seul ! Enfin bon, voilà.
Désormais, quand vous vous ferez une bonne tartine de beurre, vous ne la mangerez plus de la même façon.
1 commentaire:
J'me disais bien que le tombé de futal allait faire rappliquer sonny...
Belle tranche de vie ;) ... beurrée qui plus est
Enregistrer un commentaire