vendredi 24 octobre 2008

Djo Lplombié


Arrière-petit cousin de feu Djo Ltaxy, Djo Lplombié est né pendant que sa mère empruntait l'escalator du Centre Pompidou.

Très vite, on lui trouva un penchant certain pour la tuyauterie. En effet, à la crèche, il n'était pas rare de le surprendre à arracher les pédoncules des fleurs qui ornaient la salle de jeu.
Plus tard, c'est toute une collection de pipelines miniatures qu'il était fier de présenter à ses jeunes camarades de jeu. Puis, forcément, vint l'âge des premiers poils qui poussent autour de la chose, je veux dire par là, le canal, la buse, la tige, le manche, le tube à essai, le truc que l'on tape sur la rambarde, l'amok à grandes oreilles... et que sais-je encore. A quoi pouvait donc bien servir cet appendice ? Il avait beau en discuter avec son amie, Sarah P., la question restait sans réponses. En plus, il était plutôt découragé du peu d'intérêt que Sarah semblait manifester à son égard. Elle, son trip, c'était plutôt aller buter du caribou avec son papa, tout les week-end, sur les lacs gelés d'Alaska.

Désabusé, notre ami Djo commençait à se faire une raison. Jamais il ne percerait le mystère. C'était sans compter sur les joyeux hasards de la vie.

Cela arriva l'an passé, lors d'un speed-dating organisé à Mouyemoi. Il fit la rencontre d'un magnifique esthète bodybuildé qui taquinait le chalumeau comme personne : Lech Monzguègue, plombier polonais de son état. Ce dernier, frustré de son échec d'implantation sur le territoire français en 2005, espérait noyer son chagrin grâce à une rencontre, à quelqu'un, qui lui permettrait d'oublier ses mésaventures d'antan. Il vit tout de suite en notre ami Djo que la solution était là. Oui, Djo, magnifique dans son bleu de travail à bretelle, nu en dessous, était la providence même. Les signes ne trompaient pas : l'œil qui brille, le cœur qui palpite, le caleçon qui parait trop court, le cerveau qui ressent des difficultés d'irigation... Les points communs ne tardèrent pas à pleuvoir : la clef Facom de 12, la cintreuse Adidas, le coupe tube Vuitton, la pince Dolce Gabbana... Que du bonheur !

Très vite, ils quittèrent cet endroit qui ne représentait plus rien à leurs yeux. Désormais, seul leur bonheur commun comptait à présent. Chaque seconde se devait d'être vécue le plus intensément possible, il n'y avait plus un instant à perdre. C'est ce qu'ils firent, tous les deux, main dans la main, cheveux zo vent.

On perdit rapidement leur trace. Seul soupçon de leur existence, un message posté par un certain Mario sur un forum informatique la semaine dernière, reproduit ici :

"Bonjour, mon ami et moi possédons un PC. Nous savons qu'il existe un magnifique économiseur d'écran intitulé "Canalisations 3D". Comment faire pour l'installer ? D'avance merci. Mario."

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Ecrire des conneries comme ça avec un tel talent d'écriture ! Ecris la ton histoire bordel !!!!

Krystof a dit…

Ecrire son histoire, ça s'appelle une biographie. Généralement, ça se passe quand on a des choses à raconter, où quand on sent la fin proche.
Je me contente pour l'instant de mes conneries.