lundi 5 avril 2010

En trois fois, sans frais

Je savoure une Guinness, accoudé au comptoir d'un vieux pub londonien.

Je surprends la conversation, ou plutôt le monologue, d'un des deux hommes à côté de moi.

- Il y a quelques temps de cela, j'ai fait un crédit à la consommation. Tu sais, ce genre de crédit dont tu vois la pub, dans les magazines. Tu tombes dessus, par hasard, tu es séduit par la facilité, la simplicité et la rapidité avec laquelle les choses s'enchaînent. Quelques jours après, tu reçois la somme sur ton compte. Magnifique. Une vraie bouffée d'oxygène. Tu peux enfin profiter de la vie. En plus, tu ne commences pas à rembourser de suite. Trois mois de liberté totale, d'insouciance, de bonheur intégral ! Vint alors l'inévitable. Le moment de la première mensualité. Bon, les premières passent à peu près. En plus, il me restait un peu d'argent de ce fameux crédit. Et puis, doucement, les temps changent. Tu appréhendes le 5 du mois, ce fameux jour où le prélèvement tombe. Tu te rends compte que l'ensemble de tes charges dépasse la totalité de tes revenus. L'enfer commence. Tu résistes tant que tu peux, mais rien n'y fait. Tu es sur la pente descendante. Alors, l'idée qui germait dans un coin de ton esprit prend forme, et tu franchis le pas : un deuxième crédit pour rembourser le premier et en finir avec cette spirale infernale. Trop beau. Comment n'y avais-je pas songé plus tôt ! Mais non, rien n'y fait. Le problème reste le même. Il s'est même aggravé. Non seulement le premier crédit n'est pas totalement remboursé, mais à cela se rajoute les mensualités du nouveau venu. Alors, solution ultime, surendettement, jugement et , enfin, après de trop nombreuses années de malheur, annulation de la dette. Fin de l'histoire, enfin libre !

Je réfléchis longuement à cette conversation, et je ne pu m'empêcher de faire le parallèle avec une autre, surprise quelques semaines plus tôt. Situation identique, deux hommes au comptoir :

- Il y a quelques temps de cela, j'ai rencontré quelqu'un. Tu sais, ce genre de fille qui font des pubs, dans les magazines. Tu tombes dessus, par hasard, tu es séduit par la facilité, la simplicité et la rapidité avec laquelle les choses s'enchaînent. Quelques jours après, tu la reçois, chez toi. Magnifique. Une vraie bouffée d'oxygène. Tu peux enfin profiter de la vie. En plus aucun défaut, pas de suite. Les trois premiers mois ne furent que liberté totale, insouciance, bonheur intégral ! Vint alors l'inévitable. Le moment du premier reproche. Bon, les premiers passent à peu près. En plus, il restait un peu de passion de cette fameuse rencontre. Et puis, doucement, les temps changent. Tu appréhendes le 5 du mois, ce fameux jour où belle-maman dîne à la maison. Tu te rends compte que l'ensemble de tes conflits dépasse la totalité de tes satisfactions. L'enfer commence. Tu résistes tant que tu peux, mais rien n'y fait. Tu es sur la pente descendante. Alors, l'idée qui germait dans un coin de ton esprit prend forme, et tu franchis le pas : une aventure extra conjugale pour oublier la première et en finir avec cette spirale infernale. Trop beau. Comment n'y avais-je pas songé plus tôt ! Mais non, rien n'y fait. Le problème reste le même. Il s'est même aggravé. Non seulement les problèmes avec ta compagne ne sont pas totalement réglés, mais à cela se rajoute les problèmes avec la deuxième. Alors, solution ultime, séparation, jugement et enfin, après de trop nombreuses années de malheur : divorce. Fin de l'histoire, enfin libre !

Je ne sais pas trop quoi en conclure. De là à faire le parallèle entre les crédits et l'amour… Allez, je vous laisse, je dois rejoindre un pote à moi au comptoir d'un pub écossais. Il doit me parler de son nouveau boulot. Au téléphone, il avait l'air très enthousiaste !

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